La République de Guinée, au cœur de l’Afrique de l’Ouest, constitue l’un des principaux pôles écologiques de la sous-région. Dotée d’une diversité exceptionnelle d’écosystèmes terrestres, d’eaux continentales, côtiers et marins, elle abrite également un patrimoine génétique végétal et animal d’une grande richesse. Inscrite dans le royaume biogéographique afrotropical, la Guinée englobe plusieurs grandes écorégions, notamment les forêts guinéennes d’Afrique de l’Ouest, les savanes soudano-guinéennes, les mangroves ouest-africaines et les formations montagnardes afromontagnardes du Fouta Djallon et de la Guinée forestière.
Cette biodiversité stratégique est toutefois soumise à des pressions croissantes : expansion agricole, exploitation minière, urbanisation rapide, feux de brousse, surexploitation des ressources naturelles, pollutions et impacts accentués des changements climatiques.
La Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Diversité Biologique (SNPADB) 2021-2030 constitue la réponse structurée de l’État à ces défis. Elle s’aligne sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal (2022) tout en intégrant les priorités nationales de développement durable. Sa vision est celle d’une Guinée qui conserve et restaure durablement sa biodiversité, valorise ses services écosystémiques et garantit un partage juste et équitable des avantages issus des ressources biologiques, au bénéfice des générations présentes et futures.
La biodiversité guinéenne joue un rôle déterminant :
Malgré un cadre politique et juridique relativement structuré (aires protégées, sites Ramsar, textes sectoriels, stratégies nationales), la gouvernance de la biodiversité demeure confrontée à plusieurs contraintes : capacités institutionnelles limitées, faiblesse du suivi et de l’application des textes, financement insuffisant et instable, intégration encore marginale de la biodiversité dans les secteurs productifs et pression démographique croissante.
La SNPADB 2021-2030 s’articule autour de priorités stratégiques alignées sur le Cadre mondial :
Le plan d’action prévoit notamment le renforcement du Réseau d’Aires Protégées de Guinée (REGAP), l’opérationnalisation des outils de suivi écologique, la restauration des écosystèmes dégradés, l’intégration transversale de la biodiversité dans les politiques sectorielles, la mise en place de mécanismes innovants de financement et l’établissement d’un dispositif national de suivi-évaluation assorti d’un mécanisme de gestion des plaintes.
La mise en œuvre repose sur une combinaison de ressources internes (budget national, fiscalité environnementale) et externes (partenaires techniques et financiers, fonds climatiques et environnementaux). La stratégie insiste sur la nécessité d’un financement durable, prévisible et coordonné, ainsi que sur un système robuste de suivi-évaluation permettant de mesurer les progrès, d’assurer la redevabilité et d’alimenter les obligations de rapportage international, notamment au titre des conventions environnementales multilatérales.
| Language | Url | Tags |
|---|---|---|
| English | SNPADB version VP soumise_révisé.docx |