L'objectif tel qu’il est reformulé vise à renforcer la résilience des écosystèmes et à améliorer la qualité de l'environnement pour les générations actuelles et futures. L’atteinte de cet objectif repose essentiellement sur la réalisation d’une évaluation complète pour identifier les écosystèmes terrestres et aquatiques qui ont subi une dégradation. Cela inclut l'utilisation de techniques de cartographie, de spatialisation et de surveillance pour localiser et documenter les zones dégradées, permettant de comprendre l'ampleur de la dégradation et de déterminer les causes sous-jacentes telles que la pollution, la surexploitation des ressources, la déforestation, l'urbanisation ou les changements climatiques.
L’identification des zones dégradées implique aussi l’élaboration d’un inventaire détaillé pour évaluer l'état des écosystèmes. Cet inventaire doit inclure la collecte de données sur la biodiversité, la qualité des sols et de l'eau, la couverture végétale et d'autres indicateurs écologiques pertinents. Cette évaluation permet de classer les zones en fonction de leur niveau de dégradation et de prioriser les interventions de restauration. Pour suivre les progrès et évaluer l'efficacité des mesures de restauration, des indicateurs spécifiques à chaque écosystème doivent être définis et calculés, incluant des mesures de la diversité des espèces, de la santé des sols, de la qualité de l'eau et de la couverture végétale. Les indicateurs fournissent des données quantifiables permettant d'ajuster les stratégies de restauration en fonction des résultats obtenus.
Entre autres, cet objectif stipule aussi de veiller à ce qu'au moins 30% des écosystèmes identifiés comme dégradés bénéficient de mesures de restauration d'ici 2030. Ces mesures de restauration peuvent inclure la reforestation, la réintroduction d'espèces indigènes, la réhabilitation des sols, la gestion des ressources en eau et la mise en place de zones protégées. Ces actions de restauration doivent avoir comme but le rétablissement des fonctions écologiques des écosystèmes, à améliorer la biodiversité et à renforcer la résilience aux changements climatiques. Par ailleurs, un suivi régulier est essentiel pour évaluer l'efficacité des mesures de restauration et apporter les ajustements nécessaires. Les données collectées à travers les indicateurs permettent de mesurer les progrès et de réorienter les efforts si nécessaires, assurant que les objectifs de restauration sont atteints de manière efficace et durable.
| Global Targets | Degree of Alignment |
GBF-T02. 30% of degraded areas are under effective restoration GBF-T02. 30% of degraded areas are under effective restorationEnsure that by 2030 at least 30 per cent of areas of degraded terrestrial, inland water, and coastal and marine ecosystems are under effective restoration, in order to enhance biodiversity and ecosystem functions and services, ecological integrity and connectivity. | High |
GBF-T08. Minimize impacts of climate change and ocean acidification including through nature-based solutions and/or ecosystem-based approaches GBF-T08. Minimize impacts of climate change and ocean acidification including through nature-based solutions and/or ecosystem-based approachesMinimize the impact of climate change and ocean acidification on biodiversity and increase its resilience through mitigation, adaptation, and disaster risk reduction actions, including through nature-based solution and/or ecosystem-based approaches, while minimizing negative and fostering positive impacts of climate action on biodiversity. | Medium |
GBF-T10. Areas under agriculture, aquaculture, fisheries and forestry are managed sustainably GBF-T10. Areas under agriculture, aquaculture, fisheries and forestry are managed sustainablyEnsure that areas under agriculture, aquaculture, fisheries and forestry are managed sustainably, in particular through the sustainable use of biodiversity, including through a substantial increase of the application of biodiversity friendly practices, such as sustainable intensification, agroecological and other innovative approaches contributing to the resilience and long-term efficiency and productivity of these production systems and to food security, conserving and restoring biodiversity and maintaining nature’s contributions to people, including ecosystem functions and services . | Low |
GBF-T11. Nature’s contributions to people are restored, maintained and enhanced GBF-T11. Nature’s contributions to people are restored, maintained and enhancedRestore, maintain and enhance nature’s contributions to people, including ecosystem functions and services, such as regulation of air, water, and climate, soil health, pollination and reduction of disease risk, as well as protection from natural hazards and disasters, through nature-based solutions and/or ecosystem-based approaches for the benefit of all people and nature. | Low |
L'objectif prend en considération certaines principes du Cadre Mondial, tel que l'accès aux ressources financières pour soutenir les projets de restauration, en mobilisant des fonds nationaux et internationaux. Il intègre aussi l’équité intergénérationnelle en garantissant que les efforts bénéficient aux générations actuelles et futures.
Tout en respectant les engagements internationaux du Maroc, notamment ceux de la Convention sur la diversité biologique et du Protocole de Nagoya, cet objectif contribue à la réalisation des trois objectifs de la Convention : la conservation de la biodiversité, l'utilisation durable et le partage équitable des avantages. La coopération entre divers acteurs crée des synergies, permettant de maximiser l'efficacité des actions de restauration
Adoptant une approche écosystémique, l'objectif tient compte des interactions complexes entre les espèces et leurs habitats. En harmonie avec les principes de la Déclaration de Rio, cet objectif s'appuie sur les sciences et les innovations pour évaluer et restaurer les écosystèmes dégradés de manière responsable et durable
L'objectif tel qu’il est reformulé s’aligne étroitement avec plusieurs cibles du CMB : Il répond à la cible 2 en visant la restauration de 30% des écosystèmes dégradés, améliorant ainsi la biodiversité, les fonctions écosystémiques et la connectivité écologique. Il contribue également à la cible 8 en intégrant des mesures de restauration pour atténuer les effets des changements climatiques et renforcer la résilience des écosystèmes grâce à des solutions fondées sur la nature.
En lien avec la cible 10, cet objectif promeut la gestion durable des terres en restaurant les écosystèmes, améliorant ainsi la qualité des sols et la disponibilité de l'eau, comme il soutient aussi la cible 11 en augmentant la surface et la qualité des aires protégées, rétablissant des habitats essentiels pour la biodiversité.
Depuis 1982, le programme national de lutte contre la désertification s'attaque à l'avancée du désert et restaure les écosystèmes dégradés dans les zones arides et semi-arides. Ce programme a permis de reboiser des millions d'hectares et de fixer les dunes de sable, aidant ainsi à lutter contre l'érosion éolienne et à protéger les infrastructures.
Le Maroc a entrepris des efforts considérables pour restaurer ses écosystèmes dégradés, reconnaissant l'importance cruciale de la biodiversité et des services écosystémiques pour le développement durable. En 2016 une initiative nationale pour la restauration des écosystèmes forestiers, a été élaborée visant à restaurer 1 million d'hectares de forêts d'ici 2030. Plusieurs projets pilotes ont démontré l'efficacité de cette initiative en améliorant la biodiversité, les services écosystémiques et les conditions de vie des populations locales.
En 2019, le Maroc a lancé une initiative nationale pour la restauration des paysages en zones arides et semi-arides, visant à restaurer 3,5 millions d'hectares d'ici 2030. Cette initiative promeut des pratiques agroforestières et sylvopastorales adaptées à ces environnements fragiles, contribuant à la restauration des sols, à la conservation de l'eau et à la diversification des revenus des agriculteurs.
Sur le plan international, le Maroc participe activement à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) et collabore avec d'autres pays africains pour partager des expériences et des bonnes pratiques en matière de restauration des écosystèmes dégradés.
Dès 2007, la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement s’est engagée pour la sauvegarde et le développement de la Palmeraie de Marrakech à travers la plantation de plus de 620 000 palmiers.
Le programme de la lagune de Marchica au niveau de la ville de Nador initié par l’agence de Marchica en collaboration avec la Fondation en 2009 a permis de sauver un espace remarquable par son intérêt à la fois biologique, écologique, économique et paysager, tout en menant des actions d’éducation et de sensibilisation. Cet écosystème terrestre et aquatique a été fragilisé par le développement des activités humaines.