L’objectif tel qu’il est reformulé vise à protéger la biodiversité et les écosystèmes nationaux en répondant aux menaces posées par les espèces exotiques envahissantes.
Pour atteindre cet objectif, il est essentiel de commencer par identifier et documenter toutes les espèces exotiques envahissantes présentes dans le pays. Cela nécessite des recherches approfondies et des consultations avec des experts en biodiversité. Une fois identifiées, les espèces seront classées en fonction de leur niveau de menace pour la biodiversité locale, permettant ainsi de prioriser les actions de contrôle et de lutte.
Le programme national proposé dans cette reformulation devra mettre en place des mesures spécifiques pour contrôler et, si possible, éradiquer les espèces exotiques envahissantes, en utilisant des techniques de gestion biologique, chimique et mécanique adaptées à chaque espèce. La surveillance constante des écosystèmes est cruciale pour détecter rapidement l'apparition de nouvelles espèces exotiques envahissantes et pour évaluer l'efficacité des mesures de contrôle. Des systèmes de suivi seront établis pour collecter et analyser les données de manière continue.
Au Maroc, l'absence de listes officielles sur les espèces envahissantes représente un défi majeur pour la protection de la biodiversité et la gestion des écosystèmes. Cette lacune est exacerbée par l'absence de programmes de recherche dédiés à la surveillance des espèces exotiques et envahissantes et à l'évaluation de leur impact sur l'environnement local.
De plus, le cadre réglementaire actuel est insuffisant pour encadrer efficacement la gestion de ces espèces. Sans une législation adéquate et des politiques claires, il est difficile de mettre en place des mesures de contrôle et de prévention appropriées.
La sensibilisation insuffisante des intervenants, qu'il s'agisse des autorités, des chercheurs, des agriculteurs ou du grand public, complique davantage la situation. Une meilleure sensibilisation est essentielle pour mobiliser l'ensemble des parties prenantes autour de la problématique des espèces envahissantes et pour promouvoir des actions coordonnées en matière de prévention et de gestion.
| Global Targets | Degree of Alignment |
GBF-T06. Reduce rates of introduction and establishment of invasive alien species by 50% GBF-T06. Reduce rates of introduction and establishment of invasive alien species by 50%Eliminate, minimize, reduce and or mitigate the impacts of invasive alien species on biodiversity and ecosystem services by identifying and managing pathways of the introduction of alien species, preventing the introduction and establishment of priority invasive alien species, reducing the rates of introduction and establishment of other known or potential invasive alien species by at least 50 per cent, by 2030, eradicating or controlling invasive alien species especially in priority sites, such as islands. | Low |
GBF-T04. Threatened species are recovering, genetic diversity is being maintained and human-wildlife conflict is being managed GBF-T04. Threatened species are recovering, genetic diversity is being maintained and human-wildlife conflict is being managedEnsure urgent management actions to halt human induced extinction of known threatened species and for the recovery and conservation of species, in particular threatened species, to significantly reduce extinction risk, as well as to maintain and restore the genetic diversity within and between populations of native, wild and domesticated species to maintain their adaptive potential, including through in situ and ex situ conservation and sustainable management practices, and effectively manage human-wildlife interactions to minimize human-wildlife conflict for coexistence. | High |
GBF-T02. 30% of degraded areas are under effective restoration GBF-T02. 30% of degraded areas are under effective restorationEnsure that by 2030 at least 30 per cent of areas of degraded terrestrial, inland water, and coastal and marine ecosystems are under effective restoration, in order to enhance biodiversity and ecosystem functions and services, ecological integrity and connectivity. | High |
GBF-T08. Minimize impacts of climate change and ocean acidification including through nature-based solutions and/or ecosystem-based approaches GBF-T08. Minimize impacts of climate change and ocean acidification including through nature-based solutions and/or ecosystem-based approachesMinimize the impact of climate change and ocean acidification on biodiversity and increase its resilience through mitigation, adaptation, and disaster risk reduction actions, including through nature-based solution and/or ecosystem-based approaches, while minimizing negative and fostering positive impacts of climate action on biodiversity. | Low |
L'objectif "D'ici 2035, mettre en œuvre un programme national intégré de contrôle, de surveillance et de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, en établissant préalablement des listes nationales de ces espèces" du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal inclut plusieurs considérations clés.
Tout d'abord, il est crucial de mobiliser des ressources financières à la fois nationales et internationales pour soutenir ces activités. Des mécanismes de financement innovants, tels que les paiements pour services écosystémiques, les taxes environnementales et les partenariats public-privé, doivent être explorés pour combler le déficit de financement. Le renforcement des capacités nationales de gestion financière est également essentiel pour une utilisation efficace et transparente des ressources allouées à cette cause.
Ensuite, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes (EEE) nécessite un effort collectif impliquant tous les acteurs concernés, y compris les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les communautés locales, le secteur privé et les citoyens. Sensibiliser le public aux dangers des EEE et aux moyens de les prévenir est fondamental pour mobiliser le soutien et la participation de tous. Les politiques et stratégies de lutte doivent être élaborées de manière participative, en tenant compte des connaissances et perspectives de tous les acteurs concernés.
Il est également important que le programme national de lutte contre les EEE soit conforme aux obligations internationales du pays, telles que la Convention sur la diversité biologique et ses Protocoles. Tirer parti des initiatives internationales existantes et coopérer pour le partage d'informations et de bonnes pratiques est essentiel.
La collaboration intersectorielle est nécessaire entre différents secteurs gouvernementaux tels que l'agriculture, l'environnement, le commerce et les finances. Les partenariats avec le secteur privé et les organisations de la société civile sont également cruciaux pour apporter expertise, ressources et mobilisation communautaire.
Le respect des droits, des cultures et des connaissances traditionnelles des communautés autochtones est impératif. Les programmes doivent être inclusifs et équitables, en tenant compte des besoins et des priorités de toutes les parties prenantes. Une communication interculturelle efficace est essentielle pour établir la confiance et la collaboration.
Enfin, la lutte contre les EEE doit s'inscrire dans une approche holistique de la gestion des écosystèmes, en prenant en compte les interactions entre les différentes composantes de l'environnement. La restauration des habitats naturels dégradés et la promotion de pratiques agricoles et forestières durables sont des éléments clés pour réduire la vulnérabilité des écosystèmes aux invasions d'EEE. La réalisation des trois objectifs de la Convention sur la diversité biologique et de ses Protocoles, et leur mise en œuvre équilibrée, sont des aspects essentiels de cette démarche.
L’objectif proposé s’aligne de manière significative avec les aspects de la cible 6 et de la cible 8 du CMB. La cible 6 vise à réduire les impacts des espèces exotiques envahissantes sur la biodiversité et les services écosystémiques, en prévenant l'introduction de nouvelles espèces envahissantes et en contrôlant ou éradiquant celles déjà présentes. L'objectif national s'inscrit directement dans cette approche en établissant des listes nationales d'espèces exotiques envahissantes, ce qui est une étape cruciale pour identifier et prioriser les espèces à gérer. En mettant en œuvre un programme intégré de contrôle et de surveillance, le Maroc adopte une stratégie proactive pour réduire les impacts des espèces envahissantes sur ses écosystèmes, alignant ainsi ses actions avec les objectifs globaux de réduction des risques écologiques posés par ces espèces.
La cible 8 se concentre sur l'atténuation des effets des changements climatiques et de l'acidification des océans sur la biodiversité, en renforçant la résilience des écosystèmes. Elle inclut des mesures de réduction des risques de catastrophes naturelles grâce à des solutions fondées sur la nature et des approches écosystémiques. Le programme national marocain de contrôle des espèces exotiques envahissantes contribue également à cet objectif en renforçant la résilience des écosystèmes locaux. Les espèces envahissantes peuvent affaiblir les écosystèmes et les rendre plus vulnérables aux effets des changements climatiques. En les contrôlant, on améliore la capacité des écosystèmes à résister et à se rétablir des perturbations climatiques, ce qui est en parfaite concordance avec la cible 8 du CMB.
Moyens de mise en œuvre disponibles :
Financements internationaux (appels à projets, coopération).