Contexte de l’élaboration de la SPANB 2026-2030 du Sénégal
Le Sénégal a bâti un réseau d'aires protégées couvrant aujourd'hui environ 36% du territoire national[1] et dispose d’une bonne dynamique en matière de restauration communautaire, notamment avec des mises en défens, de la régénération assistée et des plantations massives dont plus de 80 millions de palétuvier[2] et des plantations linéaires (haies vives, brise vents et axes routiers).
A travers l’Agenda de transformation Sénégal 2050 décliné en un master plan (2025 – 2034) et la Stratégie nationale de Développement (SND) 2025-2029, il a renforcé sa politique environnementale, optant pour une valorisation plus souveraine et innovante de la biodiversité, par la transformation de la nature en levier de résilience climatique et de prospérité économique durable[3]. La SND considère à cet effet, l’Environnement comme un socle pour la sécurité alimentaire, la santé humaine, la fourniture énergétique et met davantage en avant, son rôle moteur pour l’économie verte et bleue, la création d'emplois sains, décents et de valeurs ajoutées durables.
A ce propos, s’inscrivant dans la dynamique mondiale, le Sénégal, à l’instar des États-Parties de la Convention sur la diversité biologique, s’est engagé dans le processus de mise à jour de sa SPANB, afin d’une part, de réorienter sa stratégie et d’autre part, de s’aligner autant que faire se peut, sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM) adopté en décembre 2022.
Ce nouveau cadre également appelé Plan pour la biodiversité, remplace le Plan stratégique 2011-2020 et vise à stopper la perte de biodiversité d’ici 2030, tout en aspirant à restaurer les écosystèmes naturels d’ici 2050. Il accorde une importance capitale à la participation des communautés locales, dans les prises de décision et met l’accent sur le respect, la protection de l’utilisation durable coutumière des espèces sauvages, le renforcement de capacités des acteurs, la satisfaction des besoins des populations et le partage juste et équitable des avantages issus de la biodiversité.
C’est dans ce contexte que le Sénégal, pays Partie à la CDB, aux Protocoles de Cartagena (biosécurité) et de Nagoya (Accès et Partage des Avantages-APA), s’est engagé avec l’appui du PNUE/GEF 8, dans la révision de sa Stratégie et Plan d’Actions national pour la Biodiversité.
Objectifs et méthodologie de l’élaboration de la SPANB
La période 2026-2030 constitue la dernière ligne droite pour inverser la tendance à la perte de la biodiversité, conformément aux objectifs mondiaux de la décennie. Pour le Sénégal, disposer d’une novelle SNPAB répond à un double objectif : (i) traduire les ambitions du nouveau Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal dans les orientations politiques nationales et plans sectoriels avec des actions concrètes et opérationnelles ; (ii) engager de nouvelles initiatives avec le concours de tous les acteurs, en mobilisant les moyens appropriés. D’ailleurs cet engagement est devenu un impératif de sécurité et de souveraineté, si l’on veut garantir la résilience de la population qui, en majeure partie, dépend des services écosystémiques.
A cet égard, le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, par le biais de la Direction des Parcs nationaux (DPN) qui assure le point focal de la Convention, a coordonné le processus d’élaboration de cette stratégie et plan d’action, de manière inclusive et participative, autant au niveau central que déconcentré.
L’objectif visé a été de permettre une appropriation effective multisectorielle et territoriale, fondée sur une compréhension partagée des enjeux, des engagements et des bénéfices socio-économiques liés à la conservation de la biodiversité. A ce propos, une approche pan sociétale a été privilégiée en impliquant les acteurs clés à tous les niveaux, particulièrement les institutions publiques, les collectivités territoriales, le monde académique, le secteur privé, la société civile, les communautés locales et les partenaires au développement actifs dans le domaine.
Des ateliers de concertation territoriaux ont ainsi été organisés dans les huit (8) Pôles Territoires définis dans l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 », à savoir : Dakar, Thiès, Centre (Fatick, Kaolack, Kaffrine), Diourbel-Louga, Nord (Saint-Louis), Nord-Est (Matam), Sud-Est (Tambacounda-Kédougou) et Sud (Kolda, Sédhiou et Ziguinchor).
Ces ateliers qui ont permis de collecter des informations pertinentes sur la société et la biodiversité pour alimenter le diagnostic préalable, ont été un levier facilitant l’inclusion fondée sur les réalités locales. Ils ont été complétés par une cartographie des acteurs qui interagissent avec la biodiversité, dans le but d’améliorer la formulation des solutions pratiques.
Ils ont en outre, donné l’occasion d’identifier les liens étroits entre objectifs techniques de conservation et attentes socioéconomiques, afin de s'assurer que les initiatives retenues répondent véritablement aux besoins des populations en termes d’implication, d’information et de solutions. Des études complémentaires portant sur la revue des initiatives nationales et sous-régionales de suivi de la conservation de la biodiversité, la cartographie du Réseau national des Aires protégées, la prise en charge de la biodiversité par les politiques sectorielles dans le cadre d’une approche pangouvernementale, ont également été réalisées et capitalisées.
Par ailleurs, la dernière SPANB a été évaluée et le bilan obtenu combiné aux résultats des concertations et études sectorielles, a abouti à un diagnostic assez poussé de l’état actuel de la biodiversité, à l’identification des principaux défis et priorités nationaux pour la période 2026-2030.
Le présent document de stratégie synthétise ce processus en cinq (5) parties. Après l’introduction, la première partie fait un rappel sur la situation générale du Sénégal à travers une présentation physique, administrative, socioéconomique et ses potentialités écologiques. La deuxième partie pose le diagnostic de la politique de conservation de la biodiversité en s’appuyant sur les résultats de la stratégie précédente, les menaces, enjeux et défis identifiés sur la base d’une analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités et Contraintes (ou SWOT). La troisième partie aborde le nouveau cadre stratégique défini à l’horizon 2030 avec comme éléments fondamentaux : la vision, les objectifs, les résultats attendus et le cadre de résultats. Enfin la dernière partie décrit le processus de mise en œuvre prévu, notamment la feuille de route (plan d’actions), le dispositif organisationnel pour la mobilisation des moyens humains et logistiques, le renforcement des capacités, le suivi et l’évaluation des actions, et la gestion des risques, avant de dégager une conclusion et des perspectives.
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| Français | SPANB_Sénégal_VP_février 2026.pdf |